BMT

News

7/25/2018
La cytokine BAFF, un biomarqueur de l’inflammation alimentaire
L'importance de cette cytokine inflammatoire ne cesse de se confirmer. Bien qu'elle demeure encore peu connue, cette cytokine liée à des réactions alimentaires est au coeur de nombreuses recherches actuelles.

 

Avant que le groupe de recherche GEK commence, en 2010, à étudier la BAFF (B-Cell Activating Factor) et à établir un lien entre sa présence et de nombreux troubles inflammatoires courants, on en savait très peu sur sa fonction réelle et son importance.

En 2007, Fabris a évalué la BAFF comme marqueur possible de la maladie coeliaque. Il a publié ses résultats dans le Scandinavian Journal of Gastroenterology (Fabris M et al, Scand J Gastroenterol, 2007 Dec, 42 (12) : 1434-9). Ensuite il a été mis en évidence que les niveaux de BAFF augmentaient également en réponse à différents aliments autres que le gluten; son étude a donc été progressivement mise de côté.

En 2010, Lied avec son groupe de gastroentérologues norvégiens, a publié les résultats de leur étude dans le Alimentary Pharmacology & Therapeutics Journal, démontrant que la BAFF est la cytokine produite par l’organisme lorsqu’il répond aux aliments. De plus, l’étude montrait aussi qu’une relation problématique avec les aliments, causant des malaises, était en fait médiée par BAFF (Lied GA et al, Aliment Pharmacol Ther. 2010 Jul ; 32 (1) : 66-73, Epub 2010 Mar 26).

Pour l’équipe scientifique de la société GEK, qui a beaucoup travaillé dans le domaine de l’immunologie nutritionnelle, l’article publié par Lied a fait office de déclencheur. C’est à ce moment-là qu’une grande partie des efforts de l’équipe scientifique de Gek a été consacrée à l’étude de cette molécule et à l’étude de ses applications pratiques possibles.

Cet article a été un point d’inflexion important du point de vue scientifique, qui a permis de faire évoluer la compréhension et de ” mettre fin ” au thème des dites ” intolérances alimentaires ” (terme erroné dont l’usage courant est privé de valeur scientifique). Ainsi depuis nous évitons très soigneusement l’utilisation de ce terme, sauf pour les deux seules intolérances reconnues comme telles par la science: l’intolérance biochimique au lactose et celle au gluten de type coeliaque.

BAFF est donc une molécule qui révolutionne la perception des réactions vis-à-vis des aliments. Elle représente le signal d’une réaction inflammatoire, qui explique les symptômes liés à l’inflammation alimentaire.

BAFF est active dans des troubles et pathologies où l’inflammation alimentaire joue un rôle important, comme la polyarthrite rhumatoïde, l’obésité, la migraine, la thyroïdite de Hashimoto ou les maladies respiratoires chroniques et dans toutes les maladies auto-immunes.

Puis, en 2017, exactement le 27 avril, il a été publié dans le New England Journal of Medicine (peut-être la revue médicale la plus prestigieuse au monde) une étude chez l’homme qui a confirmé l’importance du BAFF dans les maladies auto-immunes, ouvrant la voie à de nouvelles perspectives dans le domaine du diagnostic et du traitement (Steri M. et al, N Engl J Med. 2017, 27 avril, 376 (17) : 1615-1626. Doi : 10.1056 / NEJMoa1610528).

Il s’agit d’une étude scientifique internationale, coordonnée par l’Université de Sassari, qui a finalement relié la génétique et la biologie fonctionnelle d’une manière précise. L’enquête a également défini les modalités d’expression de certains types de mutations de l’ADN au niveau clinique. En fait, l’étude a souligné que la BAFF n’est pas seulement impliquée dans la genèse du lupus, mais dans toutes les maladies auto-immunes.

Par ailleurs, depuis 2013, une étude publiée sur Cytokine & Growth Factors Review a renforcé cette perception. Cet article spécifique définit que la BAFF, en plus de son action d’auto-immunité, est impliquée dans le cancer, les maladies infectieuses et les allergies (Vincent FB et al, Cytokine Growth Factor Rev. 2013 Jun ; 24 (3) : 203-15.00 : 10.1016 / j.cytogfr.2013.04.003 Epub 2013 15 mai). Une molécule qui doit être respectée, non ?

La réflexion d’aujourd’hui, aujourd’hui soutenue par des données scientifiques et certainement inattendue ces dernières années, est que l’étude de la relation avec l’alimentation a une importance fondamentale dans la pratique clinique. Le BAFF (ainsi que le PAF, mesurés par le test d’inflammation des aliments) représente une molécule “signal”. Une alarme servant à avertir l’organisme qui réagit en conséquence par une voie pathologique.

La compréhension que la BAFF et la PAF peuvent être modulées et contrôlées par de simples choix alimentaires, a restructuré la stratégie de guérison des maladies chroniques et dégénératives courantes en se concentrant davantage sur les actions préventives que sur les actions thérapeutiques.

Les connaissances sur les cytokines inflammatoires BAFF et de PAF permettent à chacun de comprendre son propre bien-être et encouragent les scientifiques à continuer ; nous sommes sur la “bonne voie”.