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7/25/2018
Inflammation alimentaire: guérir grâce au régime de rotation
Aujourd'hui, les bienfaits des régimes de rotation sont démontrés scientifiquement, confirmant que la mise en place de jours maigres durant lesquels sont évités les aliments entraînant une inflammation élevée permet de retrouver un état de bien-être satisfaisant.

 

Depuis des années, les régimes de rotation sont utilisés comme outil thérapeutique pour aider les personnes souffrant d’inflammation alimentaire à retrouver un état de bien-être satisfaisant tout en conservant une alimentation saine et variée.

Au cours des dernières années, la récupération immunologique a même été observée dans le cas de réactions IgE-médiées graves (choc anaphylactique) pour les arachides, les œufs et le lait grâce au régime de rotation.

Lors de l’identification d’un profil alimentaire personnel montrant une inflammation associée à un des grands groupes alimentaires, par exemple celui des produits laitiers, les aliments faisant parties du groupes doivent être évités complètement les jours de contrôle. En effet, la simple diminution des quantités en phase initiale du régime de rotation peut ralentir les bénéfices de celui-ci.

Le régime de rotation comprend 7 repas libres sur 21 chaque semaine (permettant d’être suivi sans trop de contraintes), mais nécessite une attention particulières les jours de contrôle afin d’élaborer des repas en excluant les aliments identifiés dans le profil alimentaire personnel comme étant responsables de l’inflammation.

En prenant l’exemple d’une inflammation liée aux produits laitiers, une des erreurs typiques est de réduire la consommation de lait, de fromage et de yaourt durant les jours de contrôle sans les supprimer complètement.  En effet, même si les quantités sont réduite, les 3 gouttes de lait ajouté dans le café, le petit biscuit (contenant du lait) après le dîner et le fromage râpé sur les pâtes ne permettent pas au régime de rotation d’être efficace.

Néanmoins, durant les repas libres, la liberté est totale quant au choix alimentaires. De plus, au fur et à mesure et déjà après trois/quatre semaines d’attention, les repas libres augmentent à environ 10-11 sur 21 chaque semaine (en milieu de semaine).

Par conséquent, durant les jours de contrôle, il est important de rester aussi vigilant que possible sur les aliments à éviter, surtout au début du régime de rotation. Par la suite, sachant qu’habituellement après quelques mois de régime, le taux d’inflammation est considérablement réduit, de petits écarts sont tolérés.

Afin de comprendre pourquoi les petits écarts peuvent être nuisible et pourquoi un nettoyage intégral dans ces quelques heures de contrôle est suffisant pour modifier le système immunitaire, il a été nécessaire de connaître et d’étudier la cytokine BAFF et sa relation avec les IgG.

Cette étude a enfin clarifié les raisons scientifiques qui, d’une part, justifient et, d’autre part, imposent les régimes de rotation d’un point de vue médical.

Comme toujours en médecine, lorsque les choses fonctionnent (comme le régime de rotation), il y a toujours une explication logique, scientifique et documentée.

Un groupe scientifique de Caroline du Nord, de l’Université Duke de Durham et de l’Université NC de Chapel Hill, a publié un article dans le Journal of Immunology en janvier 2016, où ils ont rapporté la relation entre la BAFF et les cellules B et l’implication dans la production d’anticorps (Kang S et al, J Immunol, 2016 Jan 1, 196 (1) : 196-206, doi : 10.4049 / jimmunol.1402527, Epub 2015 Nov 30).

Dans leurs travaux, les chercheurs américains ont précisé que les IgG (ceux utilisés pour “identifier” les aliments) sont accrochés aux antigènes alimentaires (parties moléculaires des aliments qui ont traversé la muqueuse intestinale) et forment un complexe immunitaire, c’est-à-dire une structure dans laquelle de nombreux anticorps IgG enveloppent un petit aliment.

Ces immunocomplexes rapprochent ensuite les lymphocytes B (les lymphocytes qui produisent les anticorps spécifiques des aliments) et, SEULEMENT en présence d’un taux élevé de BAFF, stimulent la production d’autres anticorps pour cet aliment spécifique.

Ainsi, ces quelques heures de ” véritable abstinence ” du lait, du fromage, des sucreries et du yogourt (toujours en référence à l’exemple précédent) permettent aux niveaux de BAFF de diminuer et d’empêcher les cellules B de produire de nouveaux anticorps pour la substance liée au lait.

De cette façon, les anticorps déjà présents sont également épuisés et les immunocomplexes ne peuvent plus stimuler la formation de nouveaux anticorps, à la fois parce qu’il y en a moins et parce que le BAFF ne stimule plus les cellules pour les produire.

Ainsi, en quelques semaines, le signal vers un groupe alimentaire est réduit jusqu’à ce qu’il disparaisse et que la tolérance immunologique réapparaisse.

Dans le cas contraire, où la personne n’a pas bien suivi les jours de régime, absorbant même des quantités minimes de lait dans les desserts ou dans le café, etc, il y a un maintien de la production de BAFF. Malgré la réduction des anticorps du lait (parce qu’en fait la personne réduit les quantités), les complexes immunitaires IgG du lait vont quand même rassembler les cellules B puisque les niveaux de BAFF augmentent aussi. Le système complet stimulera la production d’anticorps du lait en maintenant un état inflammatoire continu.

Le travail de Kang est extrêmement important car il fournit les bases scientifiques et méthodologiques pour l’institution d’un régime de rotation. Il soutient de nouvelles bases de connaissances sur l’interaction entre la nutrition et le système immunitaire ; un domaine de recherche actuel qui doit être exploré davantage.

Pour tous ceux qui sont en train de retrouver leur bien-être grâce à une nouvelle relation avec la nourriture, ce type d’étude aide à renforcer la perception de leur capacité à guérir et à recommencer à tout manger avec joie.